Thèse automatique et chromotatique
C'est semblable à cette somnambule effarouchée que la lame dansait, fendait les airs tout en sautant d'une main à l'autre de la demoiselle en corset qui ne savait plus si elle voulait avaler la terre entière ou gober son satellite, la lune qui était rousse ce jour-là, si belle, si grosse, si pleine, et son oeil unique posé sur le monde était plus palpitant qu'un volcan en éveil, plus éphémère aussi et plus vivant que les sauts de l'archer sur le violon d'un vieil homme usé par les âges mais toujours droit et traînant derrière lui des mondes innombrables, autant qu'il possédait de souvenirs et de sentiments, c'est cette flammèche éternelle qui meurt avant de vivre, le champagne se déverse sur la tête des gens qui regardent cette somnambule, ils sont les seuls témoins et les seuls ignorants de tout cela, car au final, il n'y avait que cette somnambule...
L'âme est une torpille que l'on arrête qu'avec le commun, car les obstacles ne sont que tout ces petits comportements de tout les jours que chacun s'appliquent à faire sans cesse pour la maîtrise de lui-même, car oui, si l'on enlève toutes ces petites choses et que l'on empêche l'homme d'avoir la moindre habitude, ne serait-ce que de porter des sous-vêtements, l'homme devient sur-homme et son âme se libère, et l'esprit entier est prêt à manœuvrer, débarrassé du carcan du quotidien.
Fin de l'écriture automatique.
‘‘Je veux respirer l'air d'un Paris pas encore pollué. Je veux manger des tomates au goût de tomate. Je veux consommer des légumes et des fruits qui n'ont connu ni pesticides ni fongicides. Je veux goûter du lait non pasteurisé. Je veux retrouver le goût de l'authentique. Je veux connaître une époque où les gens ne se gavaient pas de télévision tous les soirs, un temps où l'on savait faire la fête, on se parlait, on s'intéressait aux autres. Je veux m'entretenir avec des hommes et des femmes qui n'ont pas besoin d'avaler des antidépresseurs avant de se rendre à leur bureau.
’’ B. Werber